Publiziert am: 09.11.2018

Les mille et un sentiers du carbone

politique climatique – Avec des différences aussi importantes et également des objectifs climatiques si variés selon les pays, il ressort des comparatifs que la Suisse poursuit sa trajectoire dans les hauteurs du classement.

La politique climatique et la loi sur le CO2 ne sont souvent discutées que de manière intuitive. Les jugements moraux peuvent représenter une véritable boussole, mais il faut égale­ment une carte, sans laquelle vous risquez de n’aller nulle part.

Il existe de nombreux indicateurs pour le climat et la politique climatique. D’un côté, on trouve pour une économie donnée la somme des émissions causées et réduites, les émissions absolues, les émissions par habitant et l’intensité en CO2. Au niveau politique, on peut donc distinguer différentes combinaisons de politiques climatiques et leurs résultats en termes de réduction.

Les émissions et les réductions

Les chiffres concernant les principaux émetteurs de CO2 en termes absolus et en millions de tonnes, sont fournis par la Banque mondiale. Dans les pays de tête figurent la Chine, les États-Unis, l’Inde, la Russie, le Japon, l’Allemagne et la Corée du Sud (voir le graphe). Avec 8 millions d’habitants, la Suisse émet à peu près autant d’émissions que le Danemark avec environ 5,5 millions d’habitants.

En revanche, la situation se présente de manière différente si l’on calcule les émissions par habitant. Le Qatar arrive en tête avec environ 48 tonnes, devant le Curaçao, Trinité-et-Tobago, le Koweït et les Émirats arabes unis. Les États-Unis se classent au 12e rang, suivent le Japon (34), l’Allemagne (36). La Suisse figure au 73e rang. Selon l’Office fédéral de l’environnement, la Suisse émettait encore 6,68 tonnes par habitant en 1990; ce chiffre est tombé à 4,72 tonnes en 2016, soit une baisse de plus de 29%, ce qui dépasse nette­ment l’objectif national (-20%).

L’intensité en CO2 indique le nombre de kilogrammes de CO2 produits par un produit intérieur brut (PIB) en dollars américains. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE ou IEA), organisation internationale fondée et basée à Paris, la moyenne mondiale en 1990 était de 0,54 kilos par dollar US de PIB.

À cette même époque, les États-Unis se situaient légèrement au-dessus de la moyenne à 0,53 kg et la Chine à 2,28 kg, soit bien au-dessus de la moyenne. L’échelle mondiale, cette moyenne est tombée à 0,44 kg par dollar du PIB en 2014, les États-Unis enregistrant 0,32 kg et la Chine 1,08 kg par dollar du PIB. L’UE a réduit ce chiffre de 0,34 à 0,18 kg. Et la Suisse? Elle est passée de 0,1 à 0,06 kg.

Les marchés du carbone

Les chiffres fournis par la Banque mondiale (2015) montrent les différentes formes de politique climatique basées sur les prix des émissions de CO2. Les pays dotés d’un label vert disposent d’un système d’échange de quotas d’émission. Les bleus ont une taxe sur le CO2 à la place. Bleu-vert rayé, comme la Suisse, ont à la fois comme alternatives pour l’économie. Les pays marqués en jaune envisagent d’introduire un système d’échange de droits d’émission, la majorité, ou une taxe, la minorité.

Mais il n’y a pas que la politique climatique qui soit différente dans chaque cas. Les objectifs climatiques publiés par les pays dans le cadre de la Convention de Paris sont également différenciés. Une étude publiée par l’Agence fédérale allemande pour l’environnement en 2016 montre que certains pays se fixent des objectifs absolus de réduction de CO2, d’autres des objectifs de réduction par rapport à un avenir hypothétique. Il reste encore 32 pays qui ne se sont fixé aucun objectif du tout.

Mais cette diversité ne doit pas se terminer par un chœur de lamentations. Le monde est diversifié. Les situations sont donc également diverses. C’est précisément cette diversité que la Convention de Paris sur l’information mutuelle et la transparence cherche à mettre à profit.

Henrique Schneider, usam

position de l’usam

Le débat sur le C02

La Convention de Paris est transposée en droit suisse par la loi sur le CO2. Cette loi fait actuellement l’objet d’un débat au sein de la Commission de l’énergie du Conseil national. L’usam respecte l’objectif de réduction des émissions de CO2 de 50%. Elle demande toutefois que la taxe maximale sur le CO2 soit limitée à 120 francs par tonne. L’association faîtière de l’économie souhaite que toutes les entreprises, et les PME en particulier, puissent participer aux programmes d’efficacité énergétique. Enfin, l’usam souhaite conserver un caractère de flexibilité à toutes les mesures prises en Suisse et à l’étranger. Et en particulier à celles qui figurent dans l’accord de Paris. (SC)