Publiziert am: 31.01.2018

Médias privés – feuille de vigne pour la SSR

no billag – On leur jette des miettes. Et ils doivent s’engager pour la SSR.

Dans son rapport sur le service public du 17 juin 2016, le Conseil fédéral n'indique pas de véritable stratégie d'avenir pour le service public dans le domaine des médias. Au lieu de fournir les bases d'un débat éclairé quant à l’ampleur du service public, il tente de maintenir le statu quo et de préserver le budget en milliards de francs de la SSR. La même attitude est adoptée dans le débat actuel concernant l'initiative « No Billag ». Malgré la nécessité urgente de mener un débat sur le contenu et l’ampleur du service public, toute discussion à ce sujet est systéma­tique­ment étouffée dans l'œuf. Il faut uniquement que l’argent rentre. Les citoyens et les PME doivent payer sans broncher. Et pour dorer la pilule aux médias privés, on leur jette quelques miettes prélevées dans le pot à milliards. Les chaînes de radio et de télévision ont été rendues dépendantes des fonds publics ; et maintenant, sans qu'il en coûte grand-chose à la SSR, elles sont juste bonnes à servir de feuille de vigne dans la campagne de votation.

Le même sort attend les journaux. Les éditeurs sont sous pression, notamment parce que la SSR, dans le domaine numérique, se sert souvent des milliards qui lui sont fiscalement alloués pour mettre la presse écrite sous pression en lui faisant directement concurrence, bien qu’elle n’en ait pas le droit. Les éditeurs de journaux seront concurrencés et pressurés par la SSR, moyennant les milliards sortis de ses réserves de guerre, jusqu'au jour où le marché sera complètement distordu et que la presse écrite ne parviendra plus à se maintenir à flots. C’est alors que l'on entendra s'élever de pressants appels réclamant que la presse bénéficie également de subventions des pouvoirs publics. Certains se sont d’ailleurs déjà fait entendre. La nouvelle loi sur les médias esquisse une nouvelle phase d'étatisation du système médiatique suisse en prévoyant une extension des subventions aux journaux ou aux portails en ligne. Or, plus nous laisserons la SSR, démesurée et omnipotente, faire concurrence aux médias privés et les mettre sous pression, plus ce processus s’accélérera.

Le pluralisme médiatique souffre aujourd'hui de la SSR. Rien ne l’illustre mieux que l'exemple des chaînes de radio et de télévision privées qui, tout d'abord concur­ren­cées, puis entravées, et enfin subventionnées, se trouvent désormais aculées, du fait de leur dépendance financière, à servir la SSR. Nous ne voulons pas d’un paysage médiatique suisse étatisé sur tous les canaux. Nous avons besoin de médias privés libres et indépendants. Une pluralité de médias sous perfusion financière et sous la coupe de la SSR n'a rien à voir avec un véritable pluralisme médiatique.

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