Publié le: 1 juillet 2022

Mi-artisanat, mi high-tech

AM SUISSE – La construction métal­li­que et l’agriculture mutent en profon­deur. La pandémie a accéléré la tran­sition numérique, la concurrence s’internationalise et la pénurie de main-d’œuvrequalifiée rendent diffi­ciles le recrutement de bons spé­cia­listes et la relève.

Depuis environ un an, le nouveau directeur Bernhard von Mühlenen fait souffler un vent nouveau sur AM Suisse. «Je suis impressionné et enthousiasmé par le nombre de personnes qui, malgré l’agitation du quotidien, se libèrent pour se consacrer à l’association et s’engagent pour nos métiers et l’avenir du secteur.»

Ce constructeur métallique, ingénieur civil et économiste d’entreprise, mise sur un partenariat social équitable. Il s’est impliqué dès le début de l’année dans l’équipe patronale de la commission paritaire qui planche sur la CCNT 2024 à 2027. «Nous voulons mettre en œuvre avec soin et constance notre stratégie associative, entretenir et développer le contact direct avec les associations régionales et les entrepreneurs.»

La formation initiale et continue de la relève professionnelle de la technique agricole, de la maréchalerie et de la construction métallique représente à ses yeux une préoccupation centrale: «Il est important que nous puissions communiquer notre enthousiasme pour nos sept métiers à des jeunes de toutes les couches sociales et de toutes les formations.»

L’association propose des formations de base et continues orientées sur la pratique et des cours spécialisés dans le centre de formation d’Aarberg (BE). AM Suisse forme à sept métiers – mécanicien en machines agricoles, en machines de chantier et en appareils à moteur, ainsi que constructeur métallique, aide-constructeur métallique, constructeur métallique et maréchal-ferrant.

Formation duale à promouvoir

Dans la branche de la construction métallique, environ 750 apprentis terminent chaque année leur apprentissage; dans la technique agricole, ils sont environ 425 auxquels s’ajoutent 10 à 15 maréchaux-ferrants. Dans la construction métallique (y compris la spécialisation en construction métallique et en forge), il y a toujours trop peu d’apprentis, pour le métier de constructeur métallique et pour celui de dessinateur-constructeur sur métal.

Le secteur de la technique agricole forme traditionnellement un nombre d’apprentis supérieur à la moyenne. «Mais il existe malgré tout une forte demande de professionnels bien formés dans tous les métiers.» Chez les maréchaux-ferrants, la demande est constante, mais à un niveau modeste. Les campagnes de publicité pour la relève «go4mechanic», «metall+du» et «werdenhufschmied.ch» font activement la promotion des métiers de l’apprentissage – car le secteur est fortement touché par la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. La pandémie a peut-être eu une influence positive sur l’intérêt pour les métiers artisanaux: «Pour le début de l’apprentissage en 2021, nous avons pu conclure plus de contrats dans toutes les branches que les années précédentes. Nous espérons que cette tendance se maintiendra.»

Aujourd’hui, les métiers d’AM Suisse ne se limitent plus à l’artisanat pur. La tendance à l’automatisation est une réalité avec des processus numérisés venus s’ajouter à l’artisanat, accélérant et simplifiant les étapes. Dans la technique agricole, on utilisera de plus en plus de véhicules équipés d’une direction assistée par GPS ou même de véhicules à conduite autonome.

Dans la construction métallique, l’influence du BIM (building information modelling) ne cesse de croître. De même, les méthodes de planification paramétrées ou génériques (parametric design), l’IA et la réalité augmentée, les systèmes de mesure 3D semi-automatiques et les lunettes VR sont déjà utilisés en fonction de la situation. «Nous devons trouver un savant équilibre entre artisanat et haute technologie. Mais le point positif, c’est que le savoir-faire artisanal et les connaissances techniques solides et constructives seront demandés à l’avenir.»

Les Swiss Skills 2022 se tiendront du 7 au 11 septembre à l’Expo de Berne et permettront de se faire une idée plus précise des métiers intéressants d’AM Suisse.

Éternelles conditions-cadres

La numérisation a été poussée par la pandémie. «Dans la construction, il existe depuis longtemps une très forte pression sur les prix et les délais et une pénurie de main-d’œuvre qualifiée: l’automatisation est essentielle à la survie de la branche», relève ce directeur. Idem dans la technique agricole: «Les fabricants de machines livrent des machines ultramodernes, qui supposent que l’on dispose des connaissances les plus récentes en matière de réparation et d’entretien. Cette réalité ne laisse pas d’autre choix à de nombreuses entreprises que d’être bien préparées.» La numérisation va de pair avec l’automatisation pour éliminer les travaux répétitifs. De nouveaux marchés s’ouvrent avec les drones utilisés dans l’agriculture.

AM Suisse est également active au plan politique par un lobbying actif sur les conditions-cadres. «Pour que les machines et les appareils autonomes puissent être utilisés, des bases légales nécessaires doivent être créées très rapidement.»

Pour le secteur de la construction métallique, il est important que les politiques fassent confiance aux professionnels. Un dernier souhait: «La politique pourrait se concentrer davantage sur la promotion de la recherche, l’utilisation et le soutien des nouvelles technologies et favoriser également les start-up, afin que les technologies d’avenir s’établissent plus rapidement sur le marché et que des économies d’échelle puissent ainsi être réalisées.»

Corinne Remund

www.amsuisse.ch/fr

www.go4mechanic.ch

coup de projecteur

Du bon réseautage et des formations données à Aarberg

L’Association suisse des maîtres forgerons et charrons (SWMV) a été fondée en 1891. En 1972, elle a fusionné avec l’Association suisse des constructeurs métalliques (ASCM) pour former l’Union Suisse du Métal. Celle-ci a été rebaptisée AM Suisse en 2017 et représente les intérêts des employeurs et de la formation des branches de la construction métallique, de la technique agricole et des maréchaux-ferrants. Parmi les avantages, les membres profitent de diverses réductions sur les offres de formation, de conseils juridiques gratuits et peuvent échanger lors de manifestations organisées par l’association. Ils profitent de spécialistes bien formés, de bons réseaux, d’un partenariat social stable, d’un échange d’expériences et, bien entendu, de l’offre de prestations exceptionnelle du centre de formation d’Aarberg.

Actuellement, AM Suisse compte environ 1850 membres actifs avec plus de 28 500 collaborateurs actifs dans les entreprises membres – dont 4650 apprentis. 75 % des collaborateurs travaillent dans le secteur de la construction métallique. Un tiers des entreprises membres sont des entreprises de technique agricole et 4,5 % sont des maréchaux-ferrants. En incluant les quelque 4600 apprentis, ce sont au total environ 29 000 employés qui travaillent dans les branches: construction métallique (22 000), la technique agricole (7000) et les maréchaux-ferrants (250).

Les branches réalisent en tout un chiffre d’affaires de plus de six milliards de francs dans la construction métallique (4), les techniques agricoles (1,9) et chez les maréchaux-ferrants (21 millions de francs).(CR)

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