Publiziert am: 03.05.2019

«Ne pas briser la dynamique!»

HYPER-RÉGLEMENTATION – Le conseiller national Christian Imark (UDC/SO) est candidat aux Etats. Pour le bien des PME, il prône un Internet libre et la porte ouverte aux innovations numériques.

Journal des arts et métiers: Le canton de Soleure est fortement dominé par les PME. Vous êtes vous-même entrepreneur: qu’en est-il des PME de votre canton?

Christian Imark: Les nouvelles réglementations et les hausses de prix qui ne cessent d’évoluer touchent beaucoup plus les PME que les plus grandes structures. Cela veut dire qu’il sera de plus en plus difficile pour les particuliers de s’aventurer dans le monde du travail comme indépendant. Les politiciens devront donc repenser toute leur approche à cet égard. C’est pour cette cause que je me présente aux Etats.

«LE monde du TRAVAIL INDÉPENDANT devient de plus en plus difficile.»

Comment faire pour que les innovations numériques ne soient pas annihilées par une réglementation excessive?

En donnant à la Berne fédérale des impulsions qui permettront de contrecarrer cette tendance. Depuis des années, la croissance a lieu presque exclusivement dans le secteur public. S’il n’y a plus de gâteau supplémentaire à distribuer, mais seulement des coûts plus élevés, nous finirons par le ressentir à tous les niveaux.

Avez-vous déjà numérisé votre propre entreprise?

Nous travaillons en permanence aux optimisations – chaque fois qu’il est possible et utile de le faire.

De nombreux employés s’inquiètent également de l’évolution technologique rapide. Que leur répondez-vous?

Premièrement, qu’il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers, car le changement technologique offre dans l’ensemble plus d’opportunités que de risques.

Deuxièmement, plus notre société forme d’étudiants, plus les PME devront être solides. Ceux qui ont quelque chose à offrir auront toujours des opportunités. Mais nous devons veiller à ce qu’une politique de redistribution excessive ne conduise pas la non rentabilité des PME.

Vous faites campagne pour un Internet gratuit. Que faut-il entendre par là?

Les libertés que nous avons connues avec l’Internet des années 1990 ne peuvent plus être défendues. Et chaque fois que la criminalité entre en jeu, des mesures doivent être prises. Mais nous devons également veiller à ne pas briser la dynamique de l’Internet.

«CELA FAIT DES ANNéES QU’IL N’Y A PRESQUE PLUS DE CROISSANCE DANS LE SECTEUR PUBLIC.»

Les libertés sur Internet sont exploitées par les criminels et les PME sont également victimes de cyberattaques. Pourquoi n’agissons-nous pas avec rigueur, par exemple en bloquant Internet?

C’est le rôle de la Confédération d’examiner les mesures nécessaires pour lutter contre la cybercriminalité et protéger les PME contre les cyberattaques. Quant aux restrictions des libertés que cette protection implique, elles seront examinées par le Parlement.

Les petites entreprises sont elles aussi victimes de cyberattaques. La Confédération souhaite jouer un rôle actif dans la protection de l’économie. Mais les entreprises ne devraient-elles pas en assumer seules la responsabilité?

Les petites entreprises n’ont pas les moyens de se défendre contre les cyberattaques. C’est pourquoi il est juste que la Confédération intervienne pour les protéger.

Interview: Adrian Uhlmann

trajectoire

Christian Imark

Le conseiller national soleurois a débuté son parcours par une formation de polymécanicien, avant d’étudier l’architecture avec une spécialisation en gestion. Il est entrepreneur indépendant depuis 2013.

Sa société Airboxx GmbH est active dans le secteur événementiel et loue des chapiteaux, des ensembles et d’autres accessoires pour diverses occasions. Tout a commencé par une fête de village, pour laquelle il a acheté un chapiteau à son compte et en tant que président du CO. C’est en relouant ce matériel et en réinvestissant les bénéfices dans d’autres installations que sa société est née.

Au plan politique, Christian Imark est président de l’UDC dans le canton de Soleure. Il fut élu au Conseil national en 2015. A 19 ans, il s’est illustré en devenant le plus jeune député élu au Grand Conseil de Soleure.

(Uhl)