Publiziert am: 05.04.2019

Prévoyance, vieillesse, imprévoyance

felc – La neuvième édition du Forum de l’économie de la Côte a eu lieu le 25 mars dernier, au Rosey Concert Hall à Rolle, en présence de plus de 250 participants.

La neuvième édition du Forum de l’économie de la Côte a eu lieu le 25 mars dernier, au Rosey Concert Hall à Rolle, en présence de plus de 250 participants. Le thème de la manifestation, «Prévoyance vieillesse, imprévoyance financière», était particulièrement d’actualité. Toutes les assurances sociales de notre pays sont en déficit. Et l’AVS est en première ligne de ce triste tableau.

La votation du 19 mai prochain sur la réforme de la fiscalité et du financement de l’AVS devrait, si le peuple suisse accepte ce projet, rétablir la situation de notre premier pilier de prévoyance retraite, au moins à court terme. Car dès le milieu des années 2020, le problème du déficit devrait se poser à nouveau.

Toujours plus de centenaires

Comment en est-on arrivé là? Les réalités et les tendances démographiques sont en effet connues depuis des années. En Suisse, en raison d’un taux de fécondité nettement insuffisant, le non renouvellement des générations est un fait depuis les années 1970, depuis plus de quarante ans. Seule l’immigration a permis de compenser ce phénomène. Le vieillissement démographique, qui en est la conséquence, ne fait que s’aggraver sous l’effet de l’augmentation régulière de l’espérance de vie en bonne santé, qui est l’une des plus élevées au monde dans notre pays.

Non seulement il y a de moins en moins d’actifs par rapport aux retraités, mais les retraités sont de plus en plus nombreux à vivre au-delà de 80 et de 90 ans. La croissance du nombre de centenaires en est devenue le symbole.

Financer les retraites et les soins

S’il est agréable, en soi, de savoir que l’espérance de vie à la naissance est de plus de 80 ans, si l’on ne peut que se réjouir de cette évolution rendue possible grâce à l’amélioration des conditions de vie et aux progrès de la médecine, le vieillissement de la population a aussi des conséquences moins heureuses.

Les dépenses de santé augmentent évidemment avec l’âge. Chez les 65-79 ans, les personnes atteintes de deux maladies chroniques et plus représentent un quart de la population totale. Cette proportion s’élève à 44% chez les personnes de plus de 85 ans. Tout finit par s’additionner. Nous n’avons pas seulement à faire face à la croissance des montants liés au paiement des retraites. Il faut égale­ment financer de nombreuses infrastructures de soins et d’héberge­ment spécifiques à la prise en charge des personnes âgées, surtout au-delà de 80 ans: hospitalisations pour des pathologies de plus en plus complexes, soins à domicile, EMS généraux et psychogériatriques, etc.

Pénurie de personnel qualifié

Cette situation requiert en outre le recrutement et la formation d’un personnel soignant que notre système actuel assure déjà difficilement. Le manque de personnel qualifié est un problème récurrent qui en entraîne d’autres. Car on peine à fidéliser ce personnel en raison de la pénibilité du travail que la pénurie des effectifs a tendance à renforcer.

Que cette question touche toute l’Europe n’est pas vraiment une consolation. Nous sommes confrontés à un problème qu’on aurait pu, qu’on aurait dû mieux voir venir et prévenir. Mais nous savons maintenant, comme dans d’autres domaines, que nous ne pouvons plus attendre.

Personnalités invitées au FELC

Voilà quelques-unes des données qui ont été exposées et analysées par les différents intervenants au Forum. Le professeur Joël Wagner a fait un brillant tour d’horizon de l’ensemble des enjeux touchant la prévoyance vieillesse. Jérôme Cosandey, directeur romand d’Avenir Suisse, a montré pourquoi la situation actuelle, certes complexe, n’était pas insoluble. Christophe Reymond, directeur général du Centre Patronal, a présenté des propositions originales mais réalistes visant à réformer la prévoyance vieillesse. Fabio Corelli, gérant de la Fondation de prévoyance de Romande Energie, a exposé ses expériences pratiques notamment concernant le décalage pouvant exister entre les rendements exigés et la réalité des marchés financiers. Dominique Favre, directeur de l’Autorité de surveillance LPP de Suisse occidentale, a ensuite expliqué les enjeux du contrôle des caisses de pension. Enfin, lors d’un entretien avec Jean-Daniel Laffely, directeur général adjoint de Vaudoise Assurances, et Fabrice Welsch, directeur du Département «Fiscalité et Prévoyance» à la BCV, les participants ont pu s’imprégner des défis actuels liés au troisième pilier.

Olivier Feller, président du Forum de l’économie de la Côte