Publiziert am: 08.03.2019

Trente à l’heure, le tacle aux PME

FLUX OU APAISEMENT DU TRAFIC – Une limitation à 30 km/h devrait-elle être étendue à d’autres axes routiers? Une question de politique des transports qui revient souvent depuis plusieurs années. Si c’est uniquement à cause du bruit, cette mesure n’a aucune raison d’être.

Fin 2018, une décision du Tribunal fédéral permettait l’introduction d’une limitation de vitesse de 30 km/h sur un axe de transit (la Sevogelstrasse) dans le canton de Bâle-Ville. Pour le canton, la décision permet de construire d’autres tronçons de 30 km/h ailleurs. L’un des arguments avancés est la réduction du bruit.

La Ville de Zurich a également l’intention d’introduire davantage des zones à 30 km/h, non seulement dans les quartiers, mais aussi sur les routes principales. Dans tous les cas, les associations d’automobilistes s’opposent à ces réductions de vitesse.

Pas sur les axes de transit

Dans les rues du quartier, une limitation de vitesse à 30 km/h est judicieuse pour des raisons de sécurité et pour apporter du calme dans les quartiers résidentiels. Aujourd’hui, environ 80% des rues de la ville de Zurich sont signalées avec une limitation de vitesse à 30. D’autres projets sont prévus.

Toutefois, il est contraire au principe de proportionnalité d’adapter également la limitation de vitesse à 30 km/h aux rues principales et aux rues qui ont une fonction de liaison entre deux quartiers. Et pour cela, de s’abriter derrière l’ordonnance fédérale sur la protection contre le bruit.

En fin de compte, il s’agit de mettre dans la balance les intérêts des personnes touchées par le bruit et ceux des usagers de la route.

Fluidité oblige

Une réponse à l’action des villes est en cours d’élaboration au plan national. L’initiative parlementaire du conseiller national Gregor Rutz (UDC/ZH) demande que les dispositions de la loi sur la circulation routière soient complétées de la ­manière suivante: une limitation de vitesse à 50 km/h s’appliquerait en règle générale aux grands axes urbains. Un principe auquel il ne serait possible de déroger que pour des raisons de sécurité. Il ne serait plus possible de fixer des zones à 30 en invoquant la protection sonore.

L’ordonnance fédérale sur la protection contre le bruit est de plus en plus utilisée comme un prétexte pour inclure les principaux axes de circulation dans des zones où la ­vitesse est limitée à 30 km/h.

Toutefois, la vitesse maximale autorisée affecte également les réseaux routiers en amont et en aval. Si l’efficacité des routes principales des villes est réduite à 30 km/h, les mesures de diminution du trafic des réseaux supérieurs ne peuvent plus être garanties. Si les villes ne réduisent pas les congestions de leur trafic, l’extension de capacité sur le réseau routier national décidée par le souverain ne servira à rien. Pour lutter contre le bruit, il faut se tourner vers les pneumatiques et les revêtements silencieux sur les routes.

L’usam soutient les 50 km/h

Pour toutes ces raisons, l’Union suisse des arts et métiers soutient le projet de ne pas autoriser une limitation de vitesse de 30 km/h sur les principaux axes de circulation lorsque des raisons sonores sont ­invoquées.

L’argument brandi de l’ingérence dans l’autonomie des communes et des cantons ne tient pas la route dans ce cas de figure. Si les électeurs ont déjà approuvé l’idée politique ­d’améliorer la capacité générale du réseau routier au plan national et dans les agglomérations, il faut s’arranger pour que les villes et les zones périurbaines puissent réduire le trafic de manière appropriée en jouant sur la fluidité du trafic. Or une limite de vitesse de 30 km/h est totalement disproportionnée.

Des mesures plus douces, comme les revêtements silencieux seraient mieux adaptés qu’une limitation de la vitesse à 30 km/h. Ce d’autant que la Confédération a également annoncé son intention de promouvoir de telles mesures.

Dieter Kläy, usam