Publiziert am: 08.03.2019

Trois pays, un seul destin

amérique du nord – Les Etats-Unis d’Amérique, le Canada et le Mexique: structurellement bien différents, ils sont toutefois étroitement liés. Tout comme le sont leurs perspectives économiques pour 2019.

Que de différences, mais quelle communauté de destin entre les Etats-Unis, le Canada et ... le Mexique!

Selon le consensus (Bloomberg, n.d.l.r.) de toutes les estimations proposées par les experts consultés par cette agence économique, l’économie des Etats-Unis d’Amérique devrait croître de 2,5% au cours de la période dite sous revue (2019). La faiblesse persistante des taux d’intérêt, conjuguée à la réforme de l’impôt des sociétés et aux incitations locales à la création d’emplois, devraient stimuler les investissements et la demande intérieure. Les plans d’infrastructures présentés par Donald Trump au début de sa présidence pourraient redevenir d’actualité en 2019 et stimuler la demande grâce aux dépenses publiques.

Les défis pour l’économie US, cependant, sont là: à commencer par le conflit budgétaire en cours. A cela s’ajoutent les réactions possibles des marchés financiers, qui ont toujours le potentiel de plonger l’économie réelle dans l’incertitude ou même la crise. Alors que les réserves d’épargne des personnes physiques aux Etats-Unis sont au plus haut, ce sont ces mêmes réserves qui dans les entreprises ont minci ces dernières années, en particulier dans les grandes entreprises. Cela rend ces dernières plus vulnérables aux problèmes des marchés financiers.

Points d’interrogations

L’économie du Canada est en plein essor. Avec un taux de croissance prévu de 2,8%, les capacités de production de cette monarchie constitutionnelle fédérale sont vraisemblablement surutilisées. La banque centrale canadienne est également l’une des rares au monde à ajuster continuellement ses taux d’intérêt. Pour l’année 2019, on s’attend à ce qu’ils franchissent à nouveau le cap des 2%, ce qui représente un taux d’intérêt minimal réaliste – mais probablement encore trop bas pour une économie en plein essor.

Cependant, il subsiste là aussi certains points noirs. Les principaux moteurs de l’économie sont le gaz de schiste et l’huile de schiste. Après les hausses de prix et les baisses ­simultanées des prix du gaz et du pétrole de forage, certains craignent que le moteur économique ne bégaye. Le Canada possède également des industries « innovantes », comme le cannabis et le commerce d’intermédiaires avec la Chine.

Toutefois, certains analystes craignent une bulle dans la première activité et des défis pour la seconde, en raison même de la guerre commerciale actuelle entre les Etats-Unis et la Chine. Les perspectives sont positives, mais les points d’interrogation demeurent.

Exagération des différends

L’économie du Mexique devrait également connaître une forte croissance. Un taux de 4% est prévu pour 2019. Malgré les problèmes de sécurité massifs et les différends probablement exagérés à la frontière américaine, l’économie mexicaine est en bonne santé.

Contrairement à ce que l’on prétend souvent, les moteurs de croissance ne proviennent pas des ressources naturelles, mais de l’industrie. Les nombreux fournisseurs de l’industrie américaine bénéficient de la croissance dans le Nord et de ­l’accord de libre-échange nord-américain dans son ensemble.

Toutefois, le Mexique investit aussi dans sa propre économie. Les projets d’infrastructure, d’efficacité énergétique et de numérisation visent à assurer la viabilité future du pays. Mais là aussi, les analystes voient des dangers, tels que les liens (trop) forts avec les Etats-Unis et le Canada ou les investissements souvent peu rentables pour relancer l’économie du pays.

Les dangers de l’inflation sont tout aussi clairs. Les perspectives sont bonnes, même si le Mexique reste un marché émergent.

Henrique Schneider, usam