Publiziert am: 10.07.2015

Un drôle d’animal virtuel

bitcoins – L’arrivée d’une plateforme d’échange de cette nouvelle monnaie en Suisse intrigue. Analyse et commentaire des forces et faiblesses de cette devise virtuelle.

Un bitcoin, qu’est-ce au diable? Le bitcoin est une monnaie virtuelle qui peut être utilisée pour payer des biens et des services. Jusqu’ici, tout va bien. Mais qu’en est-il des autres propriétés fondamentales de l’argent? Un bitcoin permet-il aussi d’épargner ou seulement de consommer? Est-ce qu’il y a des intérêts? Bitcoin est-il la version digitale d’une banque classique? Si l’on cherche des réponses à ces questions sur les forums en ligne, on trouve à peine une définition de cette monnaie. Mais rien de clair: «Bitcoin utilise la technologie Peer-to-Peer pour fonctionner sans autorité centrale. La réalisation concrète des transactions et la publication de bitcoins est assumée collectivement grâce à Internet.

Le système Bitcoin est Open-Source, libre d’accès. Le design est public. Bitcoin n’appartient à personne et n’est contrôlé par personne. Chacun est libre d’y participer. Grâce à ses nombreuses caractéristiques originales, Bitcoin ouvre de nouvelles possibilités d’utilisation passionnantes qui n’étaient pas couvertes jusqu’ici par les moyens de paiement classiques. Cela posé, il faut examiner pas à pas les nombreuses difficultés qui surgissent.

Consommer, oui! Mais épargner?

Il s’agit donc d’une monnaie sans billets ni pièces. Elle se compose de blocs de données calculées et verrouillées. Comment les acquérir? C’est possible à partir de devises classiques et à la bourse du bitcoin. Autre cas: on vend des biens et des services en acceptant d’être payé en bitcoins. Il existe déjà des programmes gratuits que l’on peut installer – on les appelle «portemonnaie à bitcoin» (angl. «Wallets»). Il est possible de charger ce compte en bitcoins, de les envoyer et de les recevoir. Si l’on souhaitait en cours de route payer avec des bitcoins, il faudrait disposer de son portemonnaie électronique (sur un smartphone ou une tablette) ou payer la somme par Internet.

Personne ne fait monter sa valeur

Quand on veut procéder à des achats, il faut remettre à plus tard. Pour utiliser bitcoins, il faut d’abord connaître l’adresse du receveur et un agent de transfert. Chacun parmi ces intermédiaires financiers reçoit un montant en bitcoin pour ces services. Plus le nombre d’intermédiaire est important, plus le transfert est sûr, mais plus il coûte! Toutefois, lorsqu’un transfert a eu lieu, un retour en arrière n’est plus possible. En cas d’erreur, une écriture ne peut donc pas être annulée ou effacée.

Jusqu’ici, deux traits essentiels des devises sont réunis. Mais qu’en est-il de l’épargne et des taux d’intérêts? Il arrive que l’on entende dire que le bitcoin est une devise «déflationnaire». Cela veut dire que son taux de circulation est fixé par avance. Et donc que personne ne peut faire grimper sa valeur. Le fait qu’il ne puisse pas prendre de la valeur signifie aussi qu’il ne peut pas en perdre. Le voici donc approprié pour l’épargne, car il n’a pas besoin de taux d’intérêts pour compenser une éventuelle dévaluation. En revanche, est-ce que la quantité limitée reste la même? Cela, personne ne peut le dire. Au fond, qui contrôle le bitcoin? Personne! Les ordinateurs aboutissent à une valeur au terme de calculs compliqués: un véritable travail de «prospection»! Un PC ordinaire prendrait plusieurs mois pour calculer cela. C’est ce qui fait que la quantité de bitcoins reste la même au total. Et donc, c’est ce qui fait sa valeur. Un bitcoin coûte actuellement 210 francs suisses...

Soyons clairs: une banque centrale, un institut d’émission ou une banque d’Etat n’existe pas dans ce monde. Il n’y a qu’une Bitcoin Foundation, qui développe la partie technique.

Point positif: l’argent électronique n’est pas seulement à l’abri des faussaires, il protège aussi l’anonymat des utilisateurs. Car aucune banque d’Etat ni aucun établissement ne le contrôle. Il se développe donc selon les lois du marché. Point négatif: rien ni aucun organisme ne protège sa valeur. Sans ordinateur, impossible de l’employer. Le bitcoin n’est pas à l’abri des criminels. Et au final, peu de gens l’utilisent. Mais est-ce parce que c’est trop compliqué?

Henrique Schneider, usam

les faits

Un spécialiste transféré de Palo Alto à Zoug

L’entreprise américaine Xapo, spécialisée dans le développement du bitcoin, s’apprête à déplacer son siège de Palo Alto en Californie à Zoug. Le déménagement devrait ­survenir ces prochaines semaines, 
a confirmé une porte-parole à 
finews.ch. L’inscription au registre 
du commerce a déjà été effectuée début mai. Une banque dédiée au bitcoin devrait voir le jour.

Des discussions avec la FINMA sont en cours. Il s’agirait d’une première en Suisse, où aucun établissement ne fournit pour le moment de services avec cette monnaie. Et l’Autorité de surveillance des marchés financiers vient d’autoriser la création d’une plate-forme d’échange en bitcoin, ­dénommée Ecurex, qui sera adossée à un organisme d’autorégulation.

Les autorités restent encore très prudentes avec ce genre d’activités puisque la FINMA a enquêté durant 16 mois avant de confirmer que cette plate-forme était conforme à la loi bancaire suisse.

Ecurex, qui sera basée à Zurich et devrait démarrer ses activités cet automne, a choisi la Suisse, car le pays «dispose probablement de la régulation la plus stricte et nous nous réjouissons d’être les premiers avec un modèle d’affaires qui nous permette d’opérer», a ajouté le directeur général Paolo Tasca. «Nous pensons qu’un environnement régulatoire stable n’est pas seulement bénéfique pour nous dans le long terme mais ­aussi pour nos clients», a reconnu Paolo Tasca.

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