Publié le: 5 octobre 2018

Viens, on prend le funi!

transports – Grimper avec un funiculaire, c’est fun! Pour les grands et les petits, à 
consommer vraiment sans modération. Du plus grand au plus petit, de l’émotion au bout du câble!

La magie du funiculaire, presque incomparable, se fait sentir lorsque l’élévation s’effectue dans le calme ou accompagnée d’une légère vibration. Quelle contemplation lorsque l’on sort des nuages, toujours plus haut, avec une luge sur le dos vers Chaumont (NE) ou les skis à la main vers Crans-Montana. Que cette ascension se fasse grâce à des contrepoids à eau (Fribourg, Basse-Ville) ou avec la fée électricité! Qu’il y ait comme autrefois un opérateur à bord ou que tout soit automatisé (Neuchâtel, L’Écluse ou le Fun’ambule depuis la gare jusqu’aux Jeunes-Rives). Même si le trajet s’effectue dans un obscur tunnel, le funi est un moment de grâce!

Sierre-Crans: 
le plus long d’Europe (4,1 km)

C’est en 1911 que le funiculaire SMC a été construit pour rallier depuis Sierre, la station de ski Crans-Montana. Un sacré plus pour le tourisme à l’époque. La mise en exploitation a eu lieu le 28 décembre 1911. La distance entre Sierre et Crans est de 4 kilomètres, à l’époque une grande distance pour un funiculaire. Difficulté technique, la longueur du câble.

À l’origine, le parcours était divisé en deux segments qui se rejoignaient à Saint-Maurice-de-Laques avec transfert entre les deux funiculaires. C’est en 1997 qu’une rénovation complète de l’installation a permis la fusion des deux parties. Avec de nouvelles voitures, la réouverture permit de réduire le temps de parcours de 18 minutes. Depuis, ce funiculaire est le plus long d’Europe avec 4191 mètres et une dénivellation de 927 mètres.

Berne, Marzili: le deuxième 
plus court d’Europe (105 mètres)

L’ancienne installation du Marzili fut créée en 1885 sur le principe d’un système à «contrepoids d’eau». L’eau du «Stadtbach» était amenée dans un réservoir fixé sous les cabines. La nouvelle installation date de 1973 et fonctionne à l’électricité. Le funi relie le quartier du Marzili, sur les bords de l’Aar, à la vieille ville haute, le cœur de Berne. Les travaux de construction ont duré quatre mois et au cours de sa première année d’exploitation, le Marzilibahn avait déjà transporté environ 100 000 passagers.

En 1914, l’usine a été révisée pour l’exposition nationale. De nouveaux wagons ont été achetés, d’abord pour 18 personnes, puis pour 30 personnes avec un réservoir d’eau supplémentaire. En 1944, la station aval a été rénovée. Cinq ans plus tard, ce fut le tour de la toiture au-dessus de la station amont. En 1973/1974, le chemin de fer a été entièrement rénové et depuis lors, il fonctionne à l’électricité. C’est le deuxième funiculaire public le plus court d’Europe après celui de Zagreb (66 mètres). En 2014, une rénovation a permis de renouveler le matériel et de consolider l’infrastructure.

Territet-Glion: un spectacle 
à vous couper le souffle

Le funiculaire Territet-Glion relie depuis 1883 les hauteurs de Montreux aux rives du Léman. Le tracé de la ligne est rectiligne. Initialement, chaque voiture disposait de sa propre voie de roulement, le rail central commun aux deux véhicules se séparait en son milieu pour permettre le croisement. Le système fut transformé lors de la rénovation de 1975, avec une voie unique et un évitement. Equipé à l’origine de ballast d’eau et d’une crémaillère de type Riggenbach pour le frein de secours, le funiculaire a été modernisé en 1975, avec de nouvelles voitures, l’électrification de la machinerie et la suppression de la 
crémaillère.

Une anecdote dont se souviennent les historiens spécialisés: «Peu avant la mise en service, son concepteur Niklaus Riggenbach démontra l’efficacité de son système de crémaillère. Il prit place à bord d’une des voitures et fit couper le câble de traction. Puis il se laissa glisser, régulant sa vitesse en serrant le frein à vis et entra en douceur dans la station 
inférieure.»

Fribourg/Basse-Ville: 
le plus émouvant (avec de l’eau)

Un autre Riggenbach se trouve à Fribourg et il est le seul à fonctionner avec de l’eau. Reliant le place 
Python à la Basse-Ville, le «Funi» est présenté comme un «joyau d’ingénierie technique» figurant à l’inventaire du patrimoine culturel national. «C’est le dernier funiculaire à contrepoids d’eau de Suisse, expliquent ses amoureux. Ce n’est pas un moteur qui entraîne le funiculaire mais les eaux usées de la ville haute.»

Il faut dire qu’une odeur tout à fait particulière flotte dans l’air lorsque le réservoir d’eau est rempli en dessous des wagons à la station supérieure. En revanche, l’arrivée en Basse-Ville est spectaculaire. Le funiculaire franchit un dénivelé de 56,4 mètres pour un trajet de 121 mètres seulement. Là aussi, le conducteur régule la vitesse à l’aide d’une roue dentée sur une crémaillère Riggenbach.

Mention spéciale au Polybahn à Zurich, cadre d’une célèbre scène du film «Espion, lève-toi» (1982), d’Yves Boisset. Un Lino Ventura glacial face à un Michel Piccoli florentin. A voir et revoir en boucle!

François Othenin-Girard

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