Publié le: 16 octobre 2026

En route vers un appareil étatique répressif

Nanny State – Les feux d’artifice pourraient être interdits dans toute la Suisse. Ce qui se présente comme une mesure de protection contre le bruit et en faveur des animaux n’est en réalité qu’une chose: une nouvelle restriction des plus petits plaisirs du quotidien.

À peine l’initiative sur l’alimentation a-t-elle été écartée que la prochaine doit être votée: plus personne ne serait autorisé à tirer des feux d’artifice dans toute la Suisse. Cela signifierait non seulement la disparition de tout un secteur, avec ses PME et ses employés, mais aussi la perte d’une part très importante de la culture festive suisse.

La mise sous tutelle des citoyens progresse. Les auteurs de l’initiative invoquent des dérogations pour les grands événements suprarégionaux. Mais cette prétendue exception n’est rien d’autre qu’un alibi tactique en vue du vote. Les organisateurs devraient quémander des autorisations auprès des autorités. Les fonctionnaires décideraient à partir de quand un feu d’artifice est encore suffisamment «suprarégional».

De nouvelles questions complexes de délimitation risquent de se poser, et dans les faits, pratiquement aucun événement ne devrait pouvoir franchir cet obstacle.

La commune, le bon niveau

C’est d’ailleurs contradictoire: si les feux d’artifice posent un problème de principe en raison du bruit et de la protection des animaux, pourquoi les plus grands – et donc souvent les plus bruyants – devraient-ils justement rester autorisés? Quoi qu’il en soit, une interdiction nationale n’est pas la bonne solution. Les communes peuvent d’ores et déjà décider elles-mêmes si et où elles souhaitent restreindre les feux d’artifice. C’est le bon niveau d’intervention: là où les gens vivent et connaissent les réalités du terrain. Une interdiction inscrite dans la Constitution fédérale s’appliquerait en revanche à l’ensemble de la Suisse – et serait pratiquement impossible à abroger. Et puis: combien d’interdictions voulons-nous encore, au juste?

La police avec son sonomètre?

La question de l’application de la loi se pose. Qu’est-ce qui sera exactement interdit à l’avenir? Quand un feu d’artifice est-il considéré comme bruyant? Qui contrôlera et comment? La police devra-t-elle infliger des amendes en utilisant des sonomètres? Et qui garantira que les responsables politiques et administratifs, dans un élan de règlementation effrénée, n’interdiront pas aussi les volcans? Des questions qui provoqueraient des réponses bureaucratiques. Au final, ce sont surtout les commerçants de feux d’artifice étrangers, ainsi que les restaurants et hôtels situés dans les pays voisins, qui pourraient continuer à proposer des feux d’artifice à leurs clients et profiter d’une telle interdiction. L’argument selon lequel on pourrait remplacer un feu d’artifice par un spectacle de drones est fallacieux. Comme si n’importe quel particulier pouvait s’offrir une escadrille de drones pour son propre jardin, sans parler de savoir les piloter. D’autant plus que l’effet émotionnel du feu d’artifice ferait défaut.

Au lieu des yeux des enfants,les écrans de téléphone brillent

Et que resterait-t-il aux enfants? Le 1er août et au soir du Nouvel An, on ne verrait plus les yeux des enfants briller, mais les écrans de téléphone portable et de télévision, sur lesquels sont diffusés des feux d’artifice de Sydney à Honolulu. De plus en plus de jeunes sont confrontés à des problèmes psychiques et le monde devient de plus en plus dur. Nous ne devrions pas, en plus, interdire ces petits moments de joie et empêcher la création de beaux souvenirs d’enfance. La Suisse n’a pas besoin de nouvelles interdictions – en l’occurrence, pour environ six (!) heures de feux d’artifice par an. Laissons plutôt aux gens le droit de se réjouir – et aux communes leur autonomie décisionnelle.Rolf Hug

Articles approfondis

Les plus consultés