L’ÉDITO
Destruction, pillage et incendies criminels: les raids menés par des criminels d’extrême gauche ont aussi laissé des cicatrices en Suisse. Un cadre des Jeunes socialistes et membre du comité directeur d’une section cantonale du PS a même déclaré que la violence contre des bâtiments était légitime. Les milieux d’extrême gauche considère la violence comme un «moyen de lutte efficace contre le capitalisme», comme l’indique le dernier rapport du Service de renseignement de la Confédération (SRC). Le SRC estime que de nouveaux actes de sabotage de ces milieux contre des bâtiments et des infrastructures en Suisse sont «plutôt probables».
Il faut réagir avec détermination. Les erreurs du passé ne doivent pas se répéter. Des erreurs d’appréciation, associées à une «gretaïsation» d’une grande partie de la classe politique et à un «wokisme» démesuré, ont conduit ces dernières années à des décisions désastreuses dont nous payons aujourd’hui le prix fort.
L’une de ces mauvaises décisions a été la révision précédente de la loi sur le matériel de guerre (LFMG) qui péjorait les exportateurs. Aujourd’hui, la réalité a changé: les guerres et le protectionnisme affaiblissent l’ordre fondé sur des règles à l’étranger, tandis qu’au niveau national, la menace terroriste ne cesse de croître. L’incertitude s’est aussi accrue en ce qui concerne l’évolution économique.
Face à cette nouvelle réalité, les responsables politiques doivent à nouveau placer les intérêts du pays au centre de leurs préoccupations, et il est nécessaire de se recentrer sur les atouts de la Suisse. Parmi ces atouts figurent nos PME, qui fabriquent avec une grande précision des produits de qualité. Une autre de nos forces réside dans notre réputation de partenaire commercial fiable. Cette réputation a toutefois été entachée ces dernières années. En matière de matériel de guerre, le marché privilégie de plus en plus la mention «Swiss Free» plutôt que «Swiss Made». C’est pourquoi des délocalisations de production à l’étranger ont déjà eu lieu.
Pour garantir leur capacité de défense, les pays occidentaux, y compris la Suisse, doivent réarmer afin de pouvoir assurer la sécurité intérieure, les forces de police doivent être dotées d’un équipement adéquat. La Suisse peut apporter une contribution importante à cet égard grâce à son industrie. Dans notre édition précédente, l’entrepreneur Peter Huber a toutefois expliqué que la moitié des emplois de son entreprise avaient déjà été délocalisés au Portugal. «Une fois que les ingénieurs, les travailleurs qualifiés et les entreprises seront partis, ils ne reviendront pas d’un simple clic, a-t-il lancé en guise d’avertissement. Nous perdrons ainsi de la recherche, de l’innovation, des contrats de sous-traitance pour les PME et de bons contribuables.» Au total, jusqu’à 160’000 emplois sont en jeu. Pour que ces emplois ne disparaissent pas, il faut voter OUI à la réforme de la loi sur le matériel de guerre (LFMG) le 29 novembre prochain dans les urnes.
Enfin, le débat sur la croix suisse souligne le lien entre production et innovation. L’autorisation d’apposer la croix suisse sur des produits fabriqués à l’étranger est incompréhensible. Cela dilue sa valeur et affaiblit la capacité d’innovation. En effet, dans les PME, production et innovation sont souvent étroitement liées. Si la production est délocalisée à l’étranger, la capacité d’innovation se perd également. C’est pourquoi cette mauvaise décision doit elle aussi être rapidement corrigée.